Le jour oĂ¹ le PrĂ©sident Bassirou Diomaye Faye assumera pleinement sa dĂ©signation par ALLAH SWT en tant que chef de l’État sĂ©nĂ©galais, il saura structurer ses discours de manière plus cohĂ©rente et rĂ©flĂ©chie.
Il sera alors en mesure de dĂ©finir des actions concrètes et d’aborder les vĂ©ritables dĂ©fis du pays avec clartĂ©, sans hĂ©siter Ă s’attaquer aux problĂ©matiques profondes.
Pour l’heure, il nous contraint Ă suivre les traditionnels messages solennels, sans pour autant Ă©lever la solennitĂ© Ă la hauteur de sa fonction prĂ©sidentielle.
Les déclarations d’intention et les formules diplomatiques, certes élégantes, restent vides de sens et ne répondent pas aux aspirations profondes de nos concitoyens.
La baisse de certains prix, qui rĂ©sulte en grande partie de la dynamique Ă©conomique mondiale, est certes importante, mais elle ne constitue qu’un aspect parmi d’autres. L’enjeu principal rĂ©side dans la relance de l’emploi et dans la mise en place de stratĂ©gies durables pour lutter contre la perte d’emplois qui Ă©rode le pouvoir d’achat.
Le lien est simple : sans pouvoir d’achat, il n’y a pas de consommation. Et sans maĂ®trise des coĂ»ts de production, il est illusoire de prĂ©tendre maĂ®triser les prix. Se concentrer uniquement sur des solutions ponctuelles, sans aborder les causes profondes des difficultĂ©s Ă©conomiques, revient Ă gaspiller du temps et de l’énergie.
Le populisme, aussi séduisant soit-il, ne pourra masquer l’essoufflement de cette approche lorsqu’il faudra rendre des comptes.
Le financement des initiatives individuelles annoncé ne peut, et ne doit, se faire sans un diagnostic sérieux. Il convient de prendre en compte plusieurs décennies de financements étatiques qui, malheureusement, n’ont produit que des résultats politiques éphémères et peu probants.
Monsieur le PrĂ©sident de la RĂ©publique doit comprendre que nous vivons dĂ©sormais dans un contexte oĂ¹ la mobilisation des ressources est primordiale pour faire face Ă une dette publique Ă©levĂ©e et Ă des charges fixes croissantes.
Mais qu’en est-il de la promesse de suppression des fonds politiques, ou plutĂ´t des rĂ©formes associĂ©es, ainsi que de la rĂ©duction du train de vie de l’État et de la rationalisation de ses structures ?
Quelles sont les stratĂ©gies pour Ă©largir l’assiette fiscale sans alourdir davantage le fardeau fiscal d’une minoritĂ© dĂ©jĂ exsangue ?
Enfin, quelle est la stratégie pour renforcer les relations bilatérales et multilatérales, afin de permettre à nos compatriotes d’accéder à de nouveaux marchés, attirer les investissements étrangers et renforcer les partenariats économiques ?
Bref, il est évident que ce sont des mesures structurelles et diversifiées et non des solutions superficielles, qui permettront de rétablir une véritable stabilité économique et de répondre aux attentes profondes du peuple sénégalais.
Thierno Bocoum
Ancien parlementaire
Président AGIR