appelez +221 77 405 94 94 thbocoum@gmail.com
THIERNO BOCOUM THIERNO BOCOUM THIERNO BOCOUM
  • Accueil
  • Biographie
  • Blog
  • 
    Vidéos
  • Contact
Donation
  • Home
  • /
  • POLITIQUE
  • /
  • Non, il n’y a pas eu de revirement : la jurisprudence reste cohérente

Non, il n’y a pas eu de revirement : la jurisprudence reste cohérente

24 avril 2025 thiernobocoum Pas de commentaire POLITIQUE

Qu’il me soit permis de rappeler au vice-président de l’Assemblée nationale et esprit juridique du Pastef qu’il est à la fois inexact sur le plan des faits et juridiquement infondé de qualifier de « revirement jurisprudentiel », encore moins de « revirement spectaculaire », la décision récente du Conseil constitutionnel sur la loi interprétative, au regard de celle rendue en 2005 sur la loi Ezzan.

En 2005, avec la loi Ezzan, le Conseil constitutionnel n’a jamais affirmé que le législateur disposait d’un « pouvoir illimité » pour amnistier toutes les infractions, qu’elles soient criminelles ou correctionnelles. Une telle lecture relève d’une extrapolation.

Au contraire, le juge constitutionnel avait expressément formulé une réserve claire : le respect du principe de l’intangibilité des droits acquis.

Ce principe, fondamental en droit, interdit que quiconque soit privé rétroactivement d’un droit valablement constitué conformément aux règles alors en vigueur. Il garantit la sécurité juridique et protège, entre autres, les droits des victimes de violations graves des droits humains.

En conséquence, les engagements internationaux liant le Sénégal dès avant 2005, et qui prohibent expressément l’amnistie pour des crimes tels que la torture, les traitements inhumains ou dégradants, ou encore les crimes contre l’humanité, sont implicitement couverts par cette réserve. Le Conseil n’avait donc nullement validé une amnistie sans limite.

Par ailleurs, il est juridiquement évident que la décision du Conseil constitutionnel de 2025 ne pouvait être identique à celle de 2005, ne serait-ce que du fait de l’évolution du cadre normatif international. Le Sénégal a notamment ratifié en 2006 le Protocole facultatif à la Convention des Nations unies contre la torture, renforçant ainsi ses obligations internationales en matière de non-amnistie des actes de torture.

Enfin, en rappelant à nouveau la réserve du respect du principe de l’intangibilité des droits acquis, les juges constitutionnels de 2005 excluaient déjà toute atteinte aux droits désormais expressément reconnus et détaillés dans la décision de 2025.

Il est donc inapproprié pour ne pas dire erroné de parler de revirement. Il s’agit bien plutôt d’une cohérence jurisprudentielle renforcée par l’évolution du droit positif.

Thierno Bocoum

Juriste-Ancien parlementaire

Président AGIR

Partage
publication précédente prochain article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles récents

  • Sur la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU, j’ai formulé deux vœux.
  • Affamer les étudiants, les violenter, puis, par pur cynisme, créer les conditions d’un drame humain.
  • Les tentatives d’intimidation du régime Pastef doivent cesser.
  • La convocation de Doudou Wade à l’épreuve de l’État de droit
  • Monsieur le Président, Thiès est-elle exclue du Programme Indépendance ?

[elfsight_social_icons id="1"]

© copyright e-firstgroup